Je me décide enfin à écrire quelques lignes destinées à la population des aficionados de Thiéfaine. Un très long silence a suivi la parution du numéro 20 d’HFT News en juin 2008. L’essentiel de ce que j’avais à dire était résumé dans l’edito de ce dernier, que je qualifiais en le rédigeant alors de numéro « testament ».
En effet, comme je le pensais, l’enthousiasme d’une majorité d’adhérents s’essoufflait, las d’attendre ce petit zine à la parution incertaine et au contenu parfois obsolète. Depuis sa création en juillet 1998, je m’étais toujours efforcé de proposer des articles d’évènements vécus en live ou en backstage et surtout de donner la parole à d’autres artistes par le biais d’interviews parfois difficiles à réaliser (Cali, Bertignac). Aujourd’hui, les réseaux sociaux permettent de retrouver la plupart des sympathiques participants à cette aventure d’une décennie.
Je garderai toujours un souvenir fabuleux de cette aventure faite de nombreux courriers (700 par an) auquel j’ai répondu « presque » à chaque fois. Le stress généré par la parution de chaque numéro d’HFT News restera aussi longtemps gravé dans ma mémoire et je dois dire que je suis fier de tous les numéros parus en dix ans. Je remercie d’ailleurs tous ceux qui se sont investis dans cette aventure, à commencer par Hubert qui répondait présent dès qu’il le pouvait.
Néanmoins, la nostalgie n’est pas vraiment d’actualité et l’année 2011 promet d’être riche en projets pour Thiéfaine.
Mon regard n’est porté que sur tout ce que nous allons découvrir de l’artiste.
Le bel article signé par Emmanuel Marolle du Parisien, disponible sur internet depuis fin 2010, laisse entrevoir de belles émotions musicales dans le prochain opus discographique d’HFT.
Depuis deux ans et demi et la collaboration avec Paul Personne, l’impatience du public d’Hubert est devenue presque palpable, surtout que le dernier véritable projet artistique du bonhomme remontait à 2005 avec le sublime « Scandale mélancolique », suivi par une tournée aussi grandiose qu’électrique et illuminée des chorus des guitares sublimes de Yan Péchin. Ces derniers accompagnèrent d’ailleurs les derniers souffles artistiques du grand Alain Bashung auquel Hubert rend hommage dans un film écrit et réalisé par Boris Bergman (Remets-lui Johnny Kidd…).
Le nouveau site officiel lancé par Sony récemment est déjà le point de ralliement des passionnés de la première heure mais aussi de la semaine dernière et c’est une bonne nouvelle.
Thiéfaine ne vieillit pas et son public non plus !
« La ruelle des morts » proposée en écoute depuis quelques semaines propose le même relief émotionnel que le reste de l’œuvre du poète. Le texte est magnifiquement écrit (comme d’hab’ !) et la mélodie s’impose à la mémoire, d’emblée, comme l’encre d’un tatoueur qui infiltrerait l’épiderme d’un quidam désirant conserver le souvenir d’un texte ou d’un dessin à la nostalgie indélébile…
Les quelques avis que j’aie pu lire sur le forum du site concernant cette chanson sont souvent dispensables et il n’y a pas lieu de se demander si c’est ou non du Rock ! C’est du Thiéfaine pur jus et la date du 28 février 2011 est évidemment un événement pour tous les inconditionnels de l’artiste jurassien. J’aurais personnellement souhaité pour des raisons qui m’appartiennent, une sortie le 29 février mais il aurait fallu encore patienter un an…Too long !
Si l’affiche de la tournée renvoie au vestiaire nez de clown, bouquets de roses et autres déguisements d’artiste, elle promet sur les scènes de france, lorsque l’on sait lire dans le regard du chanteur, l’explosion de sentiments contenus et accumulés au fil des ans.
Un mélange de tendresse et de violence, identique aux reflets d’une mer calme depuis trop longtemps et qui est menacée d’un avis de tempête.
Un peu comme l’Iggy musculeux d’ « American Caesar », on perçoit dans cette affiche que Thiéfaine entraînera dans son sillage les cohortes de passionnés qui vibreront aux sons des hymnes passés et futur d’un spectacle aux ombres encore habillées de mystère.
Nous serons nombreux à partager et à vivre ces moments où la poésie flirte avec les décibels…Juste le temps d’écrire une nouvelle page de l’histoire où certains « Suppléments de mensonges » cohabiteront avec quarante années d’une vérité artistique exemplaire.
Eric ISSARTEL
